Stage

 

 

J’ai animé un stage en 2015 en Belgique sur les émaux cristallisants puis un autre récemment avec le même contenu.  Un stage est un partage d’expérience et permet peut-être de transmettre une passion . C’est aussi source d’enrichissement personnel. J’effectuerai les prochains stage dans mon atelier à Anost

Le but de ce stage est d’amener les stagiaires à comprendre  les mécanismes de fusion des émaux en général et des émaux cristallisants en particulier, à apprendre des méthodes de recherche rapides et efficace basés sur l’informatique et le dosage en volume.  Il s’adresse de préférence à  des amateurs ayant déjà une petite expérience dans le domaine de l’émail et à des professionnels qui veulent élargir leur domaine de compétence. Vous pouvez me contacter pour vous assurer que ce stage correspond à votre niveau et à votre démarche personnelle.

Les dates du prochain stage sont prévues du 30 avril au 4 mai 2018. Ce stage étant limité à 6 personnes, si il y a plus de candidats un autre stage suivrait la semaine suivante.

Le prix est fixé à 480€ pour les 5 jours, ce prix comprenant les repas de midi. fournitures divers cuissons etc Un agrément est en cours de manière à ce que les stagiaires aient une possibilité de remboursement par les fonds d’assurance formation.

 

 

Programme

Stage cristallisation émaux mats et brillants
Premier jour
Théorie Présentation émaux cristallins et émaux traditionnels historique de la cristallisation. Diaporama de la création contemporaine utilisant cet émail.  Théorie : verre et émail, silicate, réseau cristallin et réseau désordonné.
Pratique : premier essais (3 essais par participant sur des recettes fournies) conseils pratiques de préparation des échantillons.
Enfournement. Cuisson la nuit

Deuxième jour
Théorie : mécanisme de fusion d’un émail, diagramme de phase, eutectique, surfusion et cristallisation
Pratique: défournement des premiers essais, réalisation d’une progression en triangle autour des résultats les plus prometteurs (utilisation du dosage en volume)

Troisième jour
Formule moléculaire Seger : principe, calcul avec logiciel en ligne. Utilisation de ce logiciel pour limiter la zone de recherche et avoir des résultats rapidement en utilisant la température de fusion théoriqu’e . Formules limites des émaux cristallisants mats et brillants.
Pratique: défournement.  Après analyse des résultats essais de colration. Essai sur engobe coloré. Enfournement des tests.

Quatrième jour
Courbes de cuisson pour biscuit avantages et inconvénient de biscuiter à plus haute température pour ce genre d’émaux. Courbes de refroidissement des émaux cristallisants mats et brillants. Mesure de densité des bains d’émail. Mesure de l’épaisseur de l’émail cru. Présentation d’une technique de broyage pour petite quantité de matière
Pratique: défournement. Émaillage des ‘’ vraies’’ pièces réalisées par les stagiaires avant le stage ( trempé et pulvérisation) Utilisation des supports de cuisson, technique d’enfournement avec encollage des supports. Présentation d’autres techniques adaptées aux émaux à forte fusibilité.

Cinquième jour
Théorie : présentation des méthodes de cuisson réductrice des émaux cristallisants. Matification des émaux brillants. Aspect environnemental de la pratique céramique et toxicologie de ces émaux
Pratique: défournement, découpe des supports de cuisson, ponçage des pièces. Analyse des résultats.
Conclusion du stage avec discussion autour de « forme et émaux cristallisants »

Quelques photos des pièces réalisées par les stagiaires

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Début du document de stage fourni aux stagiaires ( avec des photos et des croquis c’est moins rébarbatif ! )

Stage cristallisation
Emaux traditionnels et émaux cristallins
De tout temps les céramistes ont cherché à recouvrir leur poterie d’une glaçure le plus simplement possible de façon à obtenir un résultat constant, fiable, prévisible etc. on obtient alors un émail dont la couleur ; la brillance sont uniformes sur toute la surface. Au contraire pour les émaux cristallins on cherche à obtenir une couleur hétérogène, des différences de brillance et de ce fait on accepte différentes contraintes comme celle d’une cuisson plus complexe, la contrainte due à la fluidité de l’émail et surtout une certaine instabilité dans le résultat. Mais cette instabilité doit être minimisée et c’est le but de ce stage.
Aborder le phénomène de la cristallisation demande quelques notions élémentaires de chimie sur la formation d’une glaçure céramique, semblable à celle du verre mais dont la composition est généralement plus complexe.

Un peu d’histoire
Cristallisations et cristallisations ! Quand on parle de cristallisations de quoi parle t’on ? Si on prend un émail classique blanc mat magnésien sa blancheur et sa matité sont dues à des micro-cristallisations de silicate de magnésie. De la même façon les émaux appelés tenmoku fourrure de lièvre, aventurines etc sont dus à des phases cristallines dans l’émail. Ici on ne s’occupera que de macro-cristaux, c’est-à-dire de cristaux dont la taille est dans le domaine du visible. L’histoire de ces glaçures cristallines débute à la Manufacture de Sèvres vers 1850 avec son directeur Alexandre Brogniart qui trouve qu’avec 25% d’oxyde de zinc ajouté à une glaçure alcaline on obtient des cristaux dans la phase vitreuse. On considère alors que c’est un défaut .
La recherche reprend à Sèvres en 1885 avec Clément . Ce dernier quitte Sèvres pour la Manufacture Royale de Copenhague et une production de sculpture animalière avec émaux cristallisants commence.
Plus tard Clément retourne à Sèvres où il continue son travail sur les cristallisations avec une publication au congrès de Chimie en 1898 et surtout l’exposition universelle de Paris en 1900 où de très grands pots avec cette nouvelle glaçure font sensation. Puis c’est la manufacture de Meissen et Mettlach en Allemagne, Pierrefonds en France qui en produisent. Le première grande vague de l’émail cristallin se termine avec la fin de l’Art Nouveau.
Dans les années 20 une mutation s’opère et apparait des céramistes créateurs indépendants à la fois de l’industrie céramique et de la poterie traditionnelle. On peut citer pour le renouveau de la céramique anglaise Hamada et Leach et pour les émaux cristallisés Wendelin Stahl , Herbert Sanders et plus récemment d’autres potiers contemporains publient des livres sur le sujet comme celui de Peter Iisley et celui de Diane Creber . Des forums spécialisés comme celui de William Melstrom : Crystalline Glaze Forum naissent sur la grande toile.

Parmi les potiers contemporains on peut citer
Peter Ilsley, Bill Boyd, Yves Lambeau, Denis Caraty, Heins Severinjs, Jese Wiseman Hull, Werner Gnegel, Edmund Deinböck, Peter Fröhlich, Angelika et Gerd Panten , Diane Creber, Marc Uzan, Denyse Symair, William Melstrom, Jose Mariscal, Rosaria Badici….Chacun ayant développé des émaux particuliers Il est à noter que l’esthétique des réalisations est une notion qui varie d’un céramiste à l’autre, d’un pays à l’autre et les recherches se font quelque fois dans un esprit de compétition : celui qui a les plus gros cristaux aux couleurs les plus contrastées gagnerait. Ceci n’a pas grand-chose à voir avec ce qui devrait pour moi être une pièce céramique.
Un peu de théorie
Verre et émail
Pour un verre on cherche à obtenir une fusion de matière très liquide à base essentiellement de silice de façon à fabriquer des bouteilles , vitres etc… L’émail lui aussi est à base essentiellement de silice mais il doit recouvrir un support en céramique. Il doit donc s’accorder avec elle à différents point de vue : dilatation, température de cuisson, rester à peu près en place au cours de la cuisson etc.
Dans la nature la matière peut se présenter suivant plusieurs états, solide, liquide, gazeux. (glace, eau, vapeur) Un solide peut se présenter avec deux structures possibles ordonnée ou désordonnée Donc quand un liquide se solidifie il prend souvent une structure cristalline sinon il reste avec une structure désordonnée. Dans un émail cristallin il y a une cohabitation de la structure cristalline et de la structure désordonnée.
Un cristal est un solide dont les constituants (atomes ou molécules) sont assemblés de manière régulière, par opposition au solide amorphe. Par « régulier » on veut dire qu’un même motif est répété à l’identique un grand nombre de fois selon un réseau régulier, la plus petite partie du réseau permettant de recomposer l’empilement étant appelée une maille. Autrement dit dans un cristal les atomes sont rangés comme pour un défilé militaire en Corée du nord et dans une structure amorphe c’est plutôt l’armée gauloise dans Astérix.

Les glaçures en général sont  comme le verre et présentent une structure désordonnée. L’augmentation rapide de la viscosité au cours du refroidissement fait que le passage de l’état liquide à l’état solide se fait sans mise en ordre des atomes. Les cristallisations, au contraire, se produisent au sein d’une phase vitreuse avec une répartition régulière et périodique des atomes .Le mécanisme comporte un stade préliminaire de création de germes cristallins ou nucléation suivi d’une croissance cristalline. Les atomes se déplacent dans le liquide et viennent se ranger attirés par les nucléi.
La manière la plus simple d’obtenir des cristallisations est d’utiliser une glaçure à très faible viscosité, riche en alcalis et pauvre en alumine, à laquelle on ajoute un surplus d’oxyde de zinc. Les cristaux ainsi obtenus et qui peuvent atteindre plusieurs centimètres, sont un silicate de zinc connu dans sa forme naturelle sous le nom de Willémite (2ZnO SiO2).
Le processus s’apparente…..

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